
Écrit par : Resonantes
Les violences incestueuses
C’est quoi l’inceste ?
Les violences sexuelles incestueuses sont des atteintes, agressions sexuelles, viols et/ou tentatives de viols commis par un membre de la famille sur un.e autre membre de la famille. La loi considère l’inceste comme une circonstance aggravante.
Selon la loi, la famille est constituée des parents et grands-parents, des beaux-parents (conjoints ou concubins), des frères et sœurs, des oncles et tantes, des neveux et nièces.
Que faire si tu es victime de violences incestueuses ?
1️⃣ Ne reste pas seul.e
La première étape est de trouver une personne de confiance, prête à t’écouter, à te croire et t’aider à chercher des solutions. En effet, lorsqu’on est seul.e, il est bien plus difficile de trouver des solutions mais aussi de se rendre compte des violences que l’on subit. Tu peux trouver de l’aide auprès d’un membre de la famille, d’un ami ou d’associations dont le travail est d’accompagner les victimes de violences.
2️⃣ Signale les violences
Il est possible que tu éprouves de la crainte à parler pour différentes raisons (peur d’être jugé.e, de ne pas être cru.e, de dénoncer des proches ou encore de subir des représailles…), mais il est important de signaler les violences que tu subis. C’est un moment difficile mais nécessaire pour être protégé.e. Le parent, le proche de confiance ou le professionnel auquel tu t’es confié.e peuvent t’aider, t’orienter et t’accompagner pour trouver des solutions adaptées à ta situation, en lien avec la justice et les services de la Protection de l’enfance si tu es mineur.e. Ces derniers peuvent estimer que la mise en œuvre de mesures d’aide et d’accompagnement pour toi et ta famille permettront d’éviter tout risque supplémentaire pour ta sécurité.
Mais s’ils constatent un danger immédiat, ils feront une demande de mise en sécurité, hors de ton domicile, qui pourra être acceptée dans la journée par le procureur de la République. C’est ce qu’on appelle une “ordonnance de placement provisoire”. Tu seras alors mis.e en sécurité et accompagné.e par des référent.e.s spécialisé/e.s. Si nécessaire tes proches (sœurs, frères, un parent) pourront également être mis en sécurité.
Tu pourras, en fonction des circonstances, aller chez un membre de ta famille, dans une famille d’accueil ou dans une maison d’accueil spécialisée pour les enfants.
Si cela est nécessaire pour te protéger, le juge des enfants pourra maintenir ton éloignement du domicile, ou mettre en œuvre d’autres mesures d’aide et d’accompagnement de ta famille. Tout cela peut entraîner des bouleversements dans ta vie et celle de ta famille. Pour autant, ces changements sont indispensables pour préserver ta sécurité physique et affective.
3️⃣ Porte plainte
Après avoir vécu des violences incestueuses, tu as la possibilité de porter plainte. Il est souvent difficile de parler immédiatement, mais en cas de viol incestueux, la victime a jusqu’à 30 ans après sa majorité pour porter plainte et 20 ans en cas d’agression sexuelle. Si tu souhaites le faire, ne reste pas seul.e et demande de l’aide d’associations spécialisées.
Que faire si tu es témoin de violences incestueuses ?
➡️ Dans tous les cas, crois la victime.
Il est très difficile pour la victime de dénoncer ce qui lui arrive, il est donc essentiel de ne pas remettre en question ses propos. De même, ne commente pas les réactions qu’elle a pu avoir. L’important est de lui rappeler que les violences qu’elle a subies ne sont pas de sa faute. Enfin, remercie la de la confiance qu’elle t’accorde en se confiant à toi et rappelle lui qu’elle n’est plus seule maintenant, que tu es là pour l’aider.
➡️ Si tu es mineure, parle à un adulte.
Le plus simple est de te tourner vers une personne de confiance majeure dans ton entourage qui saura quoi faire et comment aider la victime. En tant que mineur.e, le témoin doit également être protégé.e des faits et ne pas prendre le risque de devenir victime à son tour en agissant seul.
➡️ Si tu es majeur.e, signale la situation et contacte les structures compétentes.
Selon l’âge de la victime et la situation, tu ne vas pas contacter les mêmes personnes. En effet, si la victime est mineur.e et en danger, il est de ton devoir de la protéger et de prévenir les autorités pour garantir sa sécurité. D’un autre côté, si elle n’est pas ou plus en danger dans l’immédiat, tu peux l’aider à trouver des structures professionnelles pouvant lui apporter le soutien qu'elle souhaite avoir, que ce soit psychologique, juridique ou autre.