
Écrit par : Resonantes
Confident.e d'une victime
Recevoir un témoignage
Il n’est pas toujours facile de recevoir la parole d’une personne proche subissant des violences. On est soi-même choqué.e, on ne sait pas forcément comment réagir, on se sent souvent désemparé.e. C’est normal.
Il faut avoir en tête qu’il a fallu beaucoup de courage à la victime pour te dévoiler la situation. C’est peut-être la première fois qu’elle en parle. Du coup, ton accueil est essentiel : il peut jouer un rôle important dans son processus de guérison.
Le témoignage de la personne qui se confie à toi peut te paraître décousu, confus, émotionnel. Cela est dû à son état de stress post-traumatique. Fais preuve de patience et d’empathie. Prends en considération les émotions qui la traversent. Ton indifférence, ton agacement, ton hostilité pourraient être vécus comme une seconde agression par la victime.
La première chose que tu peux faire, c’est lui apporter ton soutien positif en lui disant trois choses :
➡️ “Je te crois”,
➡️ “Ce n’est pas de ta faute, seul ton agresseur est coupable”,
➡️ “Tu n’es pas seul.e”.
Éviter de culpabiliser la victime
Lorsqu’on reçoit un témoignage de violence, il est important d’éviter les réflexions négatives qui peuvent blesser durablement la victime, telles que "Pourquoi tu ne me l’as pas dit avant ?!" ou "Pourquoi tu ne t’es pas défendu.e ?"... Ces phases sont culpabilisantes.
Prononce plutôt des propos bienveillants et rassurants :
➡️ "Je te crois",
➡️ “La loi interdit et punit ce type de violence”,
➡️ "Ce n'est pas de ta faute",
➡️ “Ton agresseur est le seul coupable”,
➡️ “Tu as bien fait de m’en parler”,
➡️ “Je te trouve très courageuse”,
➡️ “Maintenant que tu m’en as parlé, tu n’es plus seule”,
➡️ “Je peux t’accompagner vers des personnes qui vont t’aider à trouver des solutions”...
Se préoccuper de la victime
Ce qu’espère une personne victime de violences lorsqu’elle se confie, c’est qu’on l’écoute, qu’on la prenne en considération, qu’on se préoccupe de ce qu’elle ressent.
Plutôt que de l’interroger sur la matérialité des faits de violence – ce qui peut être intrusif –, pose lui des questions sur son ressenti. N’hésite pas à lui demander comment elle se sent depuis qu'elle a subi des violences, mais aussi depuis qu’elle s’est livrée à toi.
Vérifie aussi si elle se sent en sécurité au sein de son cercle familial, conjugal, amical ou professionnel. Si ce n’est pas le cas, tu peux lui proposer de l'accompagner vers les ressources d'aide, dans les démarches, aux rendez-vous.... Cependant si tu ne t’en sens pas capable, ne culpabilise pas : accueillir la parole avec bienveillance, c’est déjà très bien.
Ne pas prendre de décision à la place de la victime
Cependant si la victime n’est pas prête à déposer plainte ou à être accompagnée par des professionnel.le.s, respecte son choix et évite d’être directif. N’entreprends aucune démarche sans son accord.
Si tu constates que la victime est en situation de danger immédiat, que tu es inquiète pour sa vie, il est de ton devoir d’alerter les autorités compétentes. Tourne toi vers une personne de confiance.